Human at Work : de Los Angeles à la Police grand-ducale, le parcours unique de Marc

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Publié le 15/04/2026, par Loïc Braun

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Derrière chaque métier se cache une personne, un humain avec une histoire. Dans un monde ultra connecté et en constante évolution technologique, et notamment avec l’émergence de l’IA, il est important de rappeler l’importance de l’humain. Dans cette série d’articles, découvrez le parcours, les choix et l’engagement de ceux qui font de leur profession une vraie vocation au Luxembourg. 


« Pour moi, exercer un métier qui a du sens et un réel impact est essentiel. J’apprécie particulièrement prendre un moment en fin de journée pour faire le point et mesurer concrètement l’impact de mon travail. » - Marc Blaskovits, Direction des relations internationales de la Police grand-ducale 



Ses débuts en Californie dans le cinéma et la mode 


Marc Blaskovits, luxembourgeois né d’une mère franco-italienne et d’un père autrichien, ne se destinait pas à la Police. Après un Bachelor en design de mode à Nancy, il s’envole en 2008 pour Los Angeles afin de poursuivre ses études en infographie et vivre le rêve américain. Une expérience qui devait durer deux ans et qui en durera finalement dix... 


« J’avais même fait un deal avec ma mère pour partir étudier aux États-Unis, car elle finançait mes études, et moi, je devais assurer sur place ! »  


Ses débuts sur place ne sont pas si simples. Entre la barrière de langue (qu’il ne maîtrisait pas complètement à son arrivée), les différences culturelles et la pression académique, ses premiers mois sont intenses : « Les premiers mois ont été un vrai défi, mon anglais n’était pas encore suffisant pour suivre à 100% les cours et les projets. Partir seul m’a obligé à m’adapter rapidement et à pratiquer la langue au quotidien, et je me suis finalement senti à l’aise assez vite. » 


Il trouvera pourtant très vite sa place, car encore étudiant aux États-Unis, il participe à plusieurs concours et en remporte un pour le design d’un tee-shirt, vendu pour la bonne cause dans les magasins de Los Angeles. Cet exploit lui ouvre les portes du monde professionnel. Il rejoint NBC Universal où il travaille sur le branding de films, notamment pour « Moi, moche et méchant », avant de poursuivre sa carrière pendant près de huit ans pour une marque de vêtements coréenne


Photo avec Lisa Love, directrice de la côte Ouest de Vogue et de Teen Vogue (lady in blue 😉) et un modèle, en blanc, portant le t-shirt qui lui a fait gagner le concours 


Cette expérience à Los Angeles lui permet de découvrir une culture fascinante et de développer une grande capacité d’adaptation. Mais derrière cette réussite se cache une réalité plus exigeante, avec uniquement deux semaines de congé par an et l’instabilité pour un travailleur étranger, qui le poussent à réfléchir sur ses priorités et le sens de son travail. En effet, en tant que travailleur étranger, on peut très vite être licencié, sans bénéficier d’allocations chômage. Il est aussi impératif de renouveler régulièrement sa Green Card, une démarche qui demande un certain investissement. 


Il se souvient aussi avec humour que le Luxembourg était souvent méconnu. Beaucoup pensaient qu’il s’agissait d’une ville en Allemagne, tandis que son accent français lui valait le surnom de « Frenchy ». 


Son retour au Luxembourg en 2018 est motivé par le désir de se rapprocher de sa famille et de retrouver un cadre de vie plus stable. Après un an dans le design graphique au Grand-Duché, le COVID-19 vient bouleverser ses plans après un licenciement pour raisons économiques et le pousse à se réinventer professionnellement. Il décide alors de se tourner vers un métier utile, stable et qui aurait un impact concret sur la société. La naissance de son premier enfant renforce notamment cette envie de sécurité de l’emploi et de sens dans son travail. 



La Police grand-ducale comme évidence 


C’est dans ce contexte que la Police grand-ducale entre dans sa vie. Marc veut se sentir utile, contribuer à quelque chose de concret et représenter un pays qui a offert de belles opportunités à sa famille. Son objectif initial était de devenir policier, mais n’ayant pas encore la nationalité luxembourgeoise à ce moment-là, il postule en parallèle pour des postes civils et rejoint, en 2021, la Direction des relations internationales de la Police. Son rôle diffère de celui des policiers sur le terrain, mais il est tout aussi stratégique et essentiel. Il représente la Police luxembourgeoise lors de réunions internationales, travaille avec différents services internes et participe à la négociation d’accords avec d’autres pays


Depuis 2024, il intervient également comme expert Schengen. Il évalue chaque année plusieurs États membres sur la coopération policière et contribue à garantir le bon fonctionnement de l’espace Schengen.  


« La coopération internationale est essentielle, surtout avec les pays voisins, parce qu’un criminel peut passer d’un pays à l’autre très facilement. » 


Ces missions lui permettent de rencontrer des acteurs à tous les niveaux et de mesurer concrètement l’impact de son travail sur la sécurité internationale


Marc lors de son assermentation 



Le quotidien d’un civil à la Police 


Être civil à la Police grand-ducale signifie ne pas porter d’uniforme et ne pas intervenir sur le terrain, mais jouer un rôle indispensable dans le bon fonctionnement de l’institution. Les agents civils exercent des missions variées en ressources humaines, informatique, communication, finances ou juridique, et jouent un rôle essentiel en soutenant le travail des policiers. Aujourd’hui, il n’y a plus de limite d’âge pour rejoindre la Police et les postes sont attribués selon les résultats aux examens et le classement.  


Dans son service, Marc alterne entre réunions, travail analytique et déplacements à l’étranger. Il rédige des comptes rendus précis, suit les dossiers en lien avec plusieurs directions, coopère avec la Police judiciaire et la direction des opérations et prépare des présentations pour des réunions internationales. 


Lorsqu’il a rejoint la Police, tout était nouveau pour lui : « Les thématiques que je traitais m’étaient encore inconnues. Avec le temps, en m’y investissant davantage et en me formant, j’ai pu développer mes compétences et me perfectionner. » Cependant, il souligne que ses compétences en design et communication restent utiles pour présenter des informations de manière claire et visuelle. 


Son métier demande rigueur, curiosité et motivation. Chaque mission et chaque compte rendu ont un impact concret. La formation continue et la possibilité d’évolution permettent à Marc de se perfectionner et de découvrir différents aspects de la Police.  



Comment devenir civil à la Police 


Contrairement au métier de policier, la nationalité luxembourgeoise n’est pas constamment requise pour être civil. Pour certaines fonctions, être ressortissant de l’Union européenne suffit.  


Marc insiste d’ailleurs sur la richesse humaine de l’institution : « Parmi les policiers chez nous, beaucoup ne sont pas d’origine luxembourgeoise. Ils ont la nationalité aujourd’hui, mais on retrouve une grande diversité de cultures et d’origines et c’est justement ce qui fait la beauté du Luxembourg. » 


Les critères de sélection dépendent du niveau d’études et des compétences. La motivation, l’ouverture à l’international et la capacité à communiquer sont essentielles. 


La Police grand-ducale compte environ 3 200 collaborateurs dont 700 civils. Elle offre de nombreuses perspectives de carrière, grâce à des formations continues et à la possibilité de s’orienter vers différents services ou domaines de spécialisation. L’évolution se fait en fonction de l’ancienneté, tout en pouvant être accélérée via des concours et des examens. 


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Rester performant tout en gardant un bon équilibre 


Le métier de Marc implique des déplacements réguliers et un rythme parfois intense, notamment lors de missions à Bruxelles ou dans d’autres États membres. Pour gérer cela, il insiste sur l’importance d’une bonne organisation et de routines personnelles. Le sport, notamment le fitness, fait partie de son quotidien et lui permet de rester performant et de décompresser. La Police offre même la possibilité de pratiquer des activités sportives pendant les heures de travail, ce qui contribue à l’équilibre et au bien-être des collaborateurs. 


Pour Marc, la satisfaction vient avant tout du sentiment d’utilité et de l’impact concret de son travail. Lorsqu’une collaboration internationale permet une arrestation ou un succès opérationnel, il sait que ses efforts ont contribué à la sécurité et à la protection des citoyens. 


« Ce que peu de gens imaginent, c’est l’ampleur réelle de l’engagement de cette direction au niveau international. Beaucoup pensent que ces missions sont ponctuelles ou limitées, alors qu’en réalité, elles sont en continu et très structurées », nous confie Marc. 


Il ajoute que, comme beaucoup, il avait lui-même un cliché sur la Police luxembourgeoise. Il pensait qu’étant donné la taille du pays, la criminalité serait moins présente. En réalité, elle existe tout autant que dans d’autres pays, à l’échelle du Grand-Duché bien sûr. 



Une réorientation possible à tout moment 


Le parcours de Marc montre qu’il n’est jamais trop tard pour se réinventer. Changer de voie n’est pas une perte de temps et les compétences acquises dans une carrière précédente peuvent se révéler précieuses dans un nouveau métier. « Il ne faut pas se forcer à faire un travail qu’on n’aime pas. La vie est courte. » Il encourage tous ceux qui souhaitent explorer de nouvelles voies à oser se lancer, à chercher un métier qui a du sens et à ne pas se limiter aux parcours traditionnels. La réorientation est un atout et le Luxembourg offre de nombreuses opportunités pour construire une carrière épanouissante. 


« Aujourd’hui, changer de voie est devenu tout à fait normal. Autrefois, on recherchait avant tout des CDI, alors qu’aujourd’hui les CDD se multiplient et beaucoup de personnes n’hésitent plus à évoluer régulièrement dans leur carrière. » 


Aujourd’hui, Marc se sent pleinement aligné avec son métier. « Je suis exactement où je suis censé être. » Il reste ouvert aux nouvelles opportunités, mais apprécie profondément sa place au sein de la Police grand-ducale et l’impact concret de son travail.  



Découvrez le témoignage vidéo de Marc




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