Human at Work : forain depuis 6 générations, Jérôme, confiseur nous fait découvrir son métier à la Schueberfouer

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Publié il y a 21 heures, par Corentin Ritter

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Derrière chaque métier se cache une personne, un humain avec une histoire. Dans un monde ultra connecté et en constante évolution technologique, et notamment avec l’émergence de l’IA, il est important de rappeler l’importance de l’humain. 


Dans cette série d’articles, découvrez le parcours, les choix et l’engagement de ceux qui font de leur profession une vraie vocation au Luxembourg.  


« J'aime connaître les gens, voir le sourire des enfants. Si je vois un sourire, c'est que j'ai réussi. Faire des bons produits, les vendre en souriant avec un bonjour et un au revoir. C'est la base du métier. » - Jérôme Zellweger, propriétaire de la Confiserie Coné. 



Une histoire de famille 


Jérôme Zellweger né en 1975, c'est durant cette même année que ses parents rachètent la Confiserie Coné. Il est issu d'une famille de forains depuis six générations et a toujours grandi dans cet environnement. Avant de racheter la confiserie, sa famille participait aux foires avec d'autres attractions, comme un carrousel, un stand de tir, une loterie ou encore un palais des glaces. Elle a eu différentes fonctions, à différentes époques, avant de trouver ce qui fait son activité depuis maintenant plus de 50 ans. C'est alors en 1996, à 21 ans, que Jérôme a repris l'affaire familiale, dont il est encore le propriétaire aujourd'hui. Il explique pourquoi avoir décidé de garder l'ancien nom après le rachat de la confiserie :  


« Nous avons toujours gardé l'ancien style car il portait chance et nous ramenait du monde. 80% de notre clientèle sont des clients fidèles. » 


 

Le stand de la confiserie à la Schueberfouer 



Un métier de passion au quotidien varié 


Le métier de Jérôme l'oblige à porter plusieurs casquettes et à effectuer des tâches très différentes. Il est avant tout confiseur et fabrique la majorité de ses produits de manière artisanale. La confiserie vend de nombreuses sucreries comme des bonbons, du nougat, des cacahuètes, des amandes et des noisettes grillées, de la barbe à papa et encore de nombreuses autres douceurs à découvrir sur son stand.  


« Mon métier, c'est confiseur. J'adore le sucré, j'adore faire des créations. Ma femme travaille dans le chocolat, on fait notre propre glace. On vadrouille également dans d'autres pays pour chercher de l'inspiration, trouver de nouvelles créations, de nouvelles machines. Je fais de l'artisanal, j'ai ma petite fabrique à Bertrange, où je fais mes bonbons, mon nougat, mes cacahuètes, mes amandes... » 


Tout comme le confiseur le plus connu de tous les temps, le voyage est aussi une source d'inspiration pour Jérôme et sa femme : 


« Je suis allé à Loompaland à la recherche de nouvelles saveurs exotiques pour mes bonbons. À la place… j’ai trouvé les Oompa-Loompas. » - Willy Wonka, célèbre confiseur du roman Charlie et la Chocolaterie 


 

Personnage de Willy Wonka dans l'adaptation du roman en 1971 


Après des années de production directement sur son stand lors de foires et d'évènements, Jérôme décide de produire dans une fabrique fixe afin d'avoir un meilleur contrôle sur la qualité de sa production


« Avant on créait tout ici directement sur place, mais on a eu tellement de soucis avec les guêpes, la poussière... donc je fabrique tout à la maison maintenant. On fabrique beaucoup de choses. Ça dépend aussi du temps. S'il y a de l'humidité ce n'est pas idéal pour le sucre. Quand il fait chaud, c'est un bon temps pour faire de la création de bonbons, de barbe à papa. Pour le nougat, je préfère avoir un peu plus d'humidité, pas trop non plus mais autour de 40-50 %. » 


Le métier de Jérôme, c'est aussi d'être au contact des clients et de vendre ses produits sur les évènements auxquels il participe. Il nous partage son ressenti : « Je suis forain, j'aime le commerce, connaître les gens et vadrouiller de droite à gauche au Luxembourg ». 


Chaque année, il se déplace sur de nombreux évènements à travers tout le pays pour y retrouver ses clients fidèles. Fêtes foraines, marchés de Noël, il sélectionne avec soin les évènements auxquels il participe afin de garder du temps pour sa production artisanale. La Confiserie se déplace uniquement au Luxembourg, bien qu'elle ait reçu des propositions venant d'ailleurs, qu'elle a dû décliner dans un souci de logistique. Jérôme a par exemple été invité à Nancy ou encore à Munich, mais a dû refuser car transporter son stand aussi loin est très compliqué. En effet, le véhicule sur lequel il se déplace est un véhicule lent et ancien, qui ne peut pas rouler sur l'autoroute. Il aurait donc dû le charger sur un train mais cela aurait beaucoup compliqué le déplacement. Il aurait aussi manqué des fêtes importantes au Luxembourg, ce qui n'était pas optimal comme il ne possède qu'un seul stand.  


Mais ce n'est pas tout, en tant que forain et chef d'entreprise, il doit s'atteler à des tâches diverses. En plus de l'administratif qui occupe une place importante pour pouvoir exposer sur ce type d'évènements, Jérôme doit aussi devenir ouvrier lors du montage de son stand. Le stand de la confiserie prend plusieurs heures à être monté, durant lesquelles il n'hésite pas à mettre la main à la pâte.  


Jérôme sur le toit lors du montage de son stand 


Pour faire ce métier, Jérôme explique qu'il faut avant tout être passionné et que cela peut parfois être difficile dans certaines périodes :  


« La passion, c'est clair et net. C'est ce que je dis à ma fille qui veut reprendre l'affaire. Il y a des moments où c'est dur. J'ai aussi vu mes parents souffrir dans ces périodes de grandes foires. On est très dépendants du temps. S'il pleut, on n'a personne et s'il fait trop chaud ce n'est pas bon non plus. » 



Une présence historique sur la Schueberfouer 


La Confiserie Coné, c'est une institution de la Schueberfouer. Son stand est coloré, proche de la grande porte et dégage une douce odeur de caramel. Alors que les premières photos de la confiserie sur la foire datent de 1915, Jérôme explique qu'elle pourrait avoir été présente déjà bien avant. En effet, des historiens raconte que Lambert Coné aurait déjà été présent en 1875 sur la foire. 


Jérôme, lui, est venu à la Schueberfouer toute sa vie. Il connaît la majorité des forains et se réjouit de les revoir chaque année.  


« Parfois, on en voit plus certains pendant 2 ou 3 ans. Là j'ai un collègue, ça fait 7 ans que je ne l'avais pas vu. Il m'a déjà envoyé un message pour aller boire l'apéro car il est de retour. C'est vraiment mon plus grand plaisir, retrouver chaque année les autres forains et mes clients à la Schueberfouer. » 


Il nous partage aussi un de ses meilleurs souvenirs sur la foire :  


« Quand j'étais jeune, avec les forains luxembourgeois, on faisait un tour ici, ça durait 1 ou 2 heures. On allait de manège en manège et comme tout le monde nous connaissait, on avait le droit à des tours gratuits. C'était une très belle période. » 


Mais attention, la Schueberfouer, c'est avant tout le plus gros évènement de l'année pour la Confiserie Coné. Elle demande donc beaucoup de travail et une excellente organisation afin de pouvoir bénéficier au maximum de cette période. 


« Quand je suis dans mon métier, je reste dans mon métier. Mes collègues me demandent tout le temps d'aller boire un coup avec eux, mais je dois refuser la plupart du temps. Si je quitte mon poste pendant 30 minutes, je peux rater un client fidèle et je risque de le décevoir. Bon, évidemment je dois quand même manger de temps en temps, mais quand je fais les 20 jours de la Schueberfouer, je les fais à fond. » 


La Schueberfouer fait partie intégrante de l'histoire du Luxembourg. Elle accueille chaque année plus de 2 millions de visiteurs, soit près de trois fois la population du pays. Elle est un rendez-vous immanquable pour de nombreuses personnes, notamment grâce à des forains comme Jérôme, qui la font vivre de tout leur savoir-faire et leur expérience. Il en profite d’ailleurs pour passer un message aux visiteurs de cette année :  


« À tous les visiteurs de la Schueberfouer 2026, je vous souhaite de beaux moments, du plaisir. Profitez-en. Pour tous les collègues qui seront présents, c'est beaucoup de travail, un an de préparation et ce n'est pas simple avec la canicule. Donc je souhaite à tout le monde beaucoup de plaisir et bonne Schueberfouer ! » 



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