Selon un récent sondage mené par Moovijob.com, 80% des travailleurs luxembourgeois auraient déjà ressenti le syndrome de l'imposteur au travail.
« La légitimité ne dépend pas de l'âge d'une personne ou de son ancienneté dans une structure mais de ses compétences, du travail fourni et de sa valeur ajoutée. »
Le syndrome de l'imposteur, qu'est-ce que c'est ?
C'est le sentiment de ne pas être à sa place, d'avoir l'impression de ne pas mériter sa réussite, de se sentir moins compétent que les autres.
Il peut être lié à la sensation d'avoir des responsabilités trop importantes par rapport à son niveau de compétences ou encore à un salaire trop élevé par rapport à l'activité exercée. Il peut aussi venir d'une comparaison avec ses collègues de travail, lorsqu'on se sent moins qualifié qu'eux.
Comment le syndrome de l'imposteur apparaît-il ?
Le syndrome de l'imposteur intervient souvent dans le contexte professionnel, notamment en début de carrière lorsqu'on a peu d'expérience et qu'on se sent illégitime. C'est notamment ce qu'a ressenti une répondante de notre enquête, qui travaille dans le domaine de la communication depuis peu :
« Passer directement des études à un poste avec de vraies responsabilités crée un décalage brutal. On attend de moi des résultats professionnels alors que je me sens encore dans une posture d'apprentissage. »
En effet, alors que les études sont de plus en plus longues, il peut être compliqué de faire la transition vers le monde du travail, d’autant plus si l’on n’a pas eu l’opportunité d’effectuer beaucoup de stages pratiques. Après avoir passé de nombreuses années à étudier un domaine, on pense avoir acquis toutes les capacités nécessaires pour exercer un métier, pourtant la réalité est souvent bien différente. Alors, quand on ne sait pas tout faire directement, il est fréquent de ne pas se sentir à sa place.
L'âge joue aussi un rôle important dans le sentiment de légitimité. Il est parfois difficile de se sentir à sa place lorsqu'on est la personne la plus jeune, bien qu'être plus vieux ne signifie pas nécessairement être plus compétent. Une personne ayant participé à notre enquête explique s'être retrouvée dans cette situation :
« Je me souviens de réunions importantes où j'étais souvent la personne la plus jeune autour de la table. Il m'est arrivé de me demander si ma place était réellement légitime. Une situation m'a particulièrement marquée : lors d'une réunion interne, un interlocuteur m'a demandé avec qui je devais valider un point qui relevait de mon périmètre, alors que j'étais moi-même responsable du service concerné. Sur le moment, cela a renforcé ce sentiment de devoir constamment prouver ma légitimité. »
Parfois, il peut aussi arriver que l'on se sente trop qualifié ou trop rémunéré par rapport à son poste, notamment lors d'une nouvelle prise de poste. Les missions annoncées lors du processus de recrutement peuvent s’avérer plus simples lors de la prise de fonction. Un répondant de notre enquête explique avoir été dans cette situation :
« Le poste présenté lors du processus d’entretien semblait être un rôle stratégique de management à fort impact, avec une grande autonomie dans la gestion de projets. Compte tenu de l’envergure annoncée du poste, j’ai négocié un salaire à la hauteur de ces fortes attentes, même s’il était inférieur à ma précédente fourchette de rémunération, car les responsabilités du poste étaient particulièrement attractives. Cependant, une fois en poste, la réalité s’est révélée bien plus basique et statique que ce qui m’avait été présenté. Mon syndrome de l’imposteur a commencé lorsque j’ai eu le sentiment d’être surpayé et d’avoir un intitulé de poste trop prestigieux par rapport à une réalité qui, pour l’instant, exige bien moins de moi que ce pour quoi j’avais été recruté. »
Comment combattre le syndrome de l'imposteur ?
Le premier moyen de se battre contre le syndrome de l'imposteur est de se rendre compte de ses compétences et de ses réussites. Il faut savoir de quoi on est capable et avoir conscience de ses accomplissements au quotidien. S'il peut être difficile de les intégrer naturellement, il est aussi possible de noter chaque accomplissement et de faire le point sur les tâches accomplies en fin de semaine par exemple.
Il est aussi avant tout important de se rappeler que l'on n'est pas moins légitime que quelqu'un d'autre car on a moins d'expérience, comme nous l'explique une personne que nous avons contactée suite à notre sondage :
« La légitimité ne dépend pas de l'âge d'une personne ou de son ancienneté dans une structure mais de ses compétences, du travail fourni et de sa valeur ajoutée. »
Parfois, le meilleur moyen de combattre le syndrome de l'imposteur, c'est aussi de pouvoir s'appuyer sur quelqu'un d'autre et d’être bien entouré. Avoir des retours positifs, des félicitations ou des remerciements de ses collègues ou supérieurs aide à se sentir légitime et à se rendre compte que son travail est apprécié et reconnu. C'est le cas d'une répondante de notre enquête :
« Je n'hésite pas à poser beaucoup de questions à ma responsable, y compris sur des points qui peuvent sembler évidents. J'ai la chance qu'elle soit bienveillante et qu'elle voie ça comme une preuve de rigueur plutôt que comme un manque de compétence. Ça m'aide à accepter que poser des questions fait partie de l'apprentissage, pas de l'échec. »
En effet, parler de son ressenti permet aussi largement de diminuer l'effet du syndrome de l'imposteur. Premièrement, en parler permet de se rendre compte que l'on n'est pas seul et que de nombreuses personnes peuvent le ressentir, même des personnes très compétentes ou sûres d'elles en apparence.
De la même manière, prendre du recul et voir la situation d'un œil extérieur peut aider à relativiser. L'être humain a tendance à être plus dur avec lui-même qu'avec les autres. C'est la méthode qu'utilise Axelle qui travaille dans le marketing :
« De mon côté, j'essaie de me discipliner en m'obligeant à penser positif, toujours essayer de voir le bon côté des choses. Avoir un certain recul peut également aider. Je me pose toujours la question de ce que je dirais si c'était une amie qui se dévalorisait comme ça. »
Le syndrome de l'imposteur est un sentiment complexe, pourtant très commun. Il n'est pas simple de se sentir à la hauteur, ni d'avoir confiance en ses capacités, mais souvenez-vous qu'on vous fait confiance pour de bonnes raisons et que vous n'êtes pas là où vous êtes par hasard.
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